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31 octobre 2011
Sirine

The button-down collar

(autre histoire américaine)

Les plus grands auteurs de notre temps (Alan « Dressing the man » Flusser, James Darwen et Nanard Roetzel) sont unanimes : la chemise à col boutonné (button down collar) est l’un des rares, sinon le seul, apports américains à la garde-robe masculine.

Comme quoi ces affreux cow-boys peuvent avoir du goût. Et tout ceci grâce à cette maison (encore) recommandable, Brooks Brothers.

La légende veut en effet qu’aux alentours de 1900 (1896 selon une source), John Brooks, assistant à un match de polo (le sport où ces gros faignants de joueurs montent sur des canassons), remarqua que les cols de chemise desdits joueurs étaient attachés par des boutons pour ne pas leur revenir dans la figure. Sauf que cela semble vraiment être une légende.


Joueur de polo d’époque(J’espère que vous avez une bonne vue).

Brooks a donc commencé à commercialiser cette chemise, qui a vite connu un grand succès. Evidemment, d’autres s’y sont mis :

Mais selon Roetzel, personne n’a jamais pu copier la coupe du « soft-roll collar » de Brooks. Ici un modèle en lin :

Encore que pour ma part, je trouve le col proposé par Mercer tout à fait acceptable :

Celle-ci est pas mal non plus (crédit jecéplus)

La présence des boutons, le côté « soft » du col font qu’une telle chemise est considérée comme moins formelle qu’une chemise à col rigide. Il est vrai qu’on a l’air un peu moins coincé qu’avec un bon col Windsor des familles.

James Darwen, l’impitoyable démolisseur de codes, l’estime acceptable

(...) à condition que la forme du col reste suffisamment généreuse, et que les boutons se boutonnent sur de vraies boutonnières.

Ouf, nous voilà rassurés, et d’autant plus que quelques grands élégants du siècle dernier n’ont pas hésité à s’en vêtir. Je citerai donc (special tribute to Mandrax) :

Gianni Agnelli, un homme à femmes (il me semble apercevoir un col boutonné, encore que...une photo plus nette d’icelui en soft-roll collar est visible dans l’opus de Roetzel)

Cary Grant, un homme à hommes

Pour conclure, rendons hommage à l’impayable rédacteur de feu le blog « Faubourg Saint Honoré » qui, dans un éclair de génie, nous affirme :

« Il existe une multitude de cols de chemise appropriés pour le port d’une cravate. Le col boutonné n’en fait définitivement pas partie.
Avec le recul, John Brooks aurait dû être jeté en prison et sévèrement torturé pour avoir popularisé pareille horreur. Le col américain est devenu un véritable fléau de notre temps.
Tous les ahuris qui portent une chemise à col américain avec une cravate craignent-ils que celle-ci s’envole ou est-ce pour le simple plaisir de ne ressembler à rien ? »

Un homme de goût.