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3 novembre 2011
Sirine

Les saddle-shoes (The ultimate american shoe)

On l’appelle aussi saddle-oxford, ou plain saddle, c’est « the ultimate american shoe ».
Indissociable de l’Amérique des années 40 et 50, sa création remonte pourtant au début du 20e siècle.

A l’origine, il s’agit d’une chaussure de sport, créée par Spalding en 1906 et destinée à la pratique de sports de raquette. Elle est caractérisée par l’ajout d’un « saddle » (selle) au niveau du cou de pied, qui devait agir comme une sorte de gaine et ainsi mieux tenir le pied durant les déplacements rapides occasionnés par la pratique du tennis ou autres sports de raquette. En fin de compte, les raquetteurs de tout poil ont plutôt dédaigné cette chaussure (sûrement peu adaptée à des déplacements réclamant un peu d’agilité) et a finalement été adoptée par les golfeurs, dont elle est encore aujourd’hui le modèle emblématique.

Le champion Gene Sarazen collectionnait les premières : premier golfeur à avoir remporté tous les tournois du grand chelem, et premier golfeur à porter des saddle-shoes dans les années 20.

C’est aussi à cette époque que les saddle-shoes sortent des fairways et des greens pour investir d’autres lieux, et plus spécifiquement les collèges.
Les années 40 et 50 aux Etats-Unis marquent l’apothéose de ce soulier mi-casual mi-sportif, notamment chez les collégiennes, il suffit pour cela de consulter des photos ou films des campus de l’époque pour constater la popularité des saddle-shoes.


Catalogue Sears de 1941

Le succès est tel que d’obscurs musiciens lui rendent hommage :

Le modèle de base peut être en cuir lisse ou en nubuck, voire bi-matière quand on associe un saddle en cuir lisse au reste de la chaussure en nubuck (ou vice-versa), et souvent monté sur une semelle en caoutchouc rouge brique, héritage d’un autre modèle casual un peu plus ancien, les bucks. Les saddle-shoes sont généralement montées en richelieu, mais une version derby reste possible.

La plupart des modèles ont un saddle foncé quand le reste de la chaussure est souvent blanc ou crème. Plus rarement monocolore. Ou, dans les années 30, le reverse saddle :


crédit Muffys

Si, à la façon des Converse All Star aujourd’hui, ce soulier est un point de ralliement pour les collégiens (et surtout les collégiennes), des modèles plus « sérieux » sont aussi proposés par des bottiers américains.
Ainsi, Footjoy, et ce modèle en cordovan (circa 1950) :


crédit Classicshoesformen

Les saddle shoes ont connu des hauts et des bas depuis les années 70. Il semble y avoir un revival depuis quelques années, notamment avec la marque Bass.

En France, Fairmount propose une version de bon aloi, cousue goodyear, pour 145 euros.

Et si vous n’avez toujours pas trouvé saddle à votre pied :

Cordovan bordeaux pour Alden :

Cuir poli avec saddle noir pour Allen Edmonds :

Quelques variations contemporaines :

Trickers entièrement veau velours en série limitée pour the Ark :

Trickers avec saddle grené et le reste lisse pour the Bureau :

Alden (série spéciale) avec saddle lisse et le reste grené :

Brooks brothers (collection Black fleece) avec saddle lisse sur veau velours :

Brooks brothers (collection Black fleece) en 4 tons :

Corthay pour sa part revisite le modèle avec cette version derby en box – reptile :

A priori pas du meilleur effet avec un costume , les saddle-shoes se marient très bien avec un pantalon chino et une chemise en oxford, pour un look preppy parfait.